voyages et aquarelle - Aquarelliste et peintre voyageur
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  • : En peinture, l'art de l'aquarelle est un mode d'expression qui va des carnets de voyages à la création de tableaux : en voici les différentes facettes inspiratrices, techniques et créatives selon Alain MARC ...
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- Les stages "carnets de voyages" sont une véritable immersion dans la pratique du carnet de voyage et de l'aquarelle sur le terrain, orientés "autonomie" ils sont ouverts aux stagiaires ayant assez de pratique pour en profiter pleinement . De la Provence au Jura Oriental et jusqu'au Portugal, ce sont quelques destinations où vous pourrez aller en 2020...

- Tous les stages sont différents, n'hésitez pas à m'en demander les informations par courriel (voir plus haut) .

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Andalousies

«Andalousie, la Route d’Alain MARC», carnet de voyage de Pierre NAVA
Découvrez article après article en cliquant sur les vignettes ci-dessous le carnet spontané de Pierre m’accompagnant en Andalousie, et les «Petites Histoires vidéo» qu’il m’a inspirées :

La-Barca-1b-Pierre-Nava.jpg

Préambule

La Barca 2a Pierre Nava

L'étape de Peniscola

Andalousie b Pierre Nava

Sur la route de l'Andalousie...

Moulin-b Pierre-San Jose 2

Au Cabo de Gata

Bateau Pierre Isleta 3b

La Isleta del Moro

Huebro Pierre vignette

Huebro, la montagne enchantée

Pierre-Nava-Guadix-4-copie-1

Guadix, les maisons troglodytiques

Rio Fardès

Le rio Fardés

5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 15:06
Rayon de soleil sur la combe de La Fresse

Quand il traverse la brume qui se lève sur les crêtes frontalières là-haut sur les sommets du Haut Doubs, ce rayon de soleil fait plus qu’illuminer la combe enneigée de La Fresse : il sculpte un nouveau paysage avec l’incroyable majesté et la subtile finesse des paysages nordiques, image fugitive, intense et rare, que peu d’endroits peuvent offrir de cette façon-là dans l’Hexagone.
Car si nos montagnes nous offrent nombre d’autres lieux exceptionnels pour voir la brume se lever sur les alpages ou les forêts de sapins, il y manquera toujours cette atmosphère irréelle liée à la présence des tourbières où les saules et bouleaux nains, les pins à crochet, et autres arbustes reliquats des époques glaciaires qui, liés aux particularités typiquement « jurassiennes » du relief, nous projettent quelques milliers de kilomètres plus au nord, à l’intérieur même du cercle polaire.
Et si je reviens avec autant d’enthousiasme tous les ans dans cet endroit unique qui nous fait voyager si loin tout en restant si près de chez nous, c’est que j’y ai trouvé la quintessence de ce que l’hiver peut offrir de mieux à l’aquarelliste.
Je vous renvoi aux précédents articles que j’avais écrits à ce sujet, au stage que je vais bientôt y animer et où vous êtes la (ou le) bienvenu (e) si l’aventure vous tente (il vous suffit de cliquer ici pour m’en demander les conditions), et à la vidéo ci-dessous (déjà publiée l’an dernier mais qui est plus que jamais d’actualité), d’autant plus que la neige est particulièrement abondante cette année à La Fresse !
Quoi qu’il en soit, plus les années passent, et plus je suis convaincu que le plus grand bonheur de pratiquer l’aquarelle est de revenir à ses sources avec simplicité et efficacité, loin des complications habituelles de cette pratique lorsqu’elle est trop sophistiquée, au contact d’une nature authentique et dans le cadre d’une chaleureuse convivialité, en vivant au maximum l‘instant présent, en se « faisant plaisir »  tout simplement…

Rayon de soleil sur la combe de La Fresse
Cuando atraviesa la bruma que se levanta sobre las crestas fronterizas allá, arriba sobre las cumbres del Alto Doubs, este rayo de sol hace más que iluminar la cañada nevada de La Fresse : esculpe un nuevo paisaje con la majestad increíble y la finura sutil de los paisajes nórdicos, la imagen fugitiva, intensa y rara, que pocos lugares pueden ofrecer con aquel modo en el Hexágono.
Porque si nuestras montañas nos ofrecen número de otros lugares excepcionales para ver la bruma levantarse sobre los pastos de montaña o los bosques de abetos, faltará allí siempre esta atmósfera irreal vinculada por la presencia de las turberas donde los sauces y los abedules enanos, los pinos a gancho, y otros arbustos restos de las épocas glaciares que, atados a las particularidades típicamente "jurásicas" del relieve, nos proyectan algunos millares de kilómetros más en el norte, en el interior del círculo polar.
Y si vuelvo con tanto entusiasmo cada año a este lugar único que nos hace viajar tan lejos quedándose si cerca de en casa de nosotros, es que encontré allí la quintaesencia de lo que el invierno puede ofrecerle de mejor al acuarelista.
¡ Hago devolución a los artículos precedentes que había escrito para este sujeto, para el período de prácticas que voy pronto a animar allí y dónde usted está bienvenido (bienvenida) si la aventura le tenta (pedir aquí para las condiciones), y al vídeo más arriba (ya publicada el año pasado pero quien es más que nunca de actualidad), ya que la nieve es particularmente abundante este año en La Fresse !
Sea lo que sea, cuanto más los años pasan, y más estoy convencido que la felicidad más grande de practicar la acuarela es volver a sus fuentes con sencillez y eficacia, lejos de las complicaciones acostumbradas de esta práctica cuando es demasiado adulterada, al contacto de una naturaleza auténtica y en el marco de una convivialidad calurosa, viviendo como máximo el instante presente, "dándose el gusto" simplemente …

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 19:24
Je suis Charlie !

 J'ai supprimé l'image qu'il y avait ici et sur laquelle il fallait cliquer pour accéder à mes vœux vidéo 2015...

Mes voeux, étaient (et sont toujours) remplis d'espoir et d'émerveillement, tournés vers la vie, la fraternité, le partage, la tolérance. La vidéo que j'avais réalisée en cette occasion faisait partie des actes totalement symboliques et gratuits que je peux faire à l'intention de mes amis (es), de mes lecteurs  (trices) réguliers (ères) et abonnés (es) pour m'avoir consacré un peu de temps en m'accordant écoute et confiance. 

Mais ce soir, je suis très blessé qu'ont ait attenté à la liberté et qu'ont ait soustrait à la vie des dessinateurs géniaux, que j'admirais tant pour leur talent que leur gentillesse, leur générosité, leur humanisme. En les touchant on me touche aussi comme dessinateur, comme carnettiste, même si je n'ai jamais caricaturé qui que ce soit ni quoi que ce soit.

En ne voulant cesser d'établir des passerelles d'écoute et d'amitié entre cultures et formes de pensées et de croyances différentes de la mienne, je rajoute à mes voeux traditionnels et initiaux ceux d'une prise de conscience universelle de toutes les richesses qui naissent du mot liberté et du respect des femmes et des hommes qui de tout temps se sont battus pour la défendre, ainsi que du mot paix, mots sans lesquels celui d'émerveillement ne peut exister.

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 11:40
Rencontre avec Philippe BONNAIRE dans le voyage du bleu, pour vous, pour lui, pour Noël.

Découverte d’exception dans le "Voyage du Bleu" pour la semaine de Noël : ce sera mon cadeau de fin d’année pour vous, pour lui aussi (je vais vous dire pourquoi), car à travers la rencontre de cet auteur-compositeur, de sa personnalité, de ses compositions, c’est un univers où le bleu en tant que vibration sonore vous inondera, vous régénérera, vous emportera dans un voyage harmonique aux mélodies scintillantes comme des étoiles.

"Dans mon rêve", Slam' Zouk extrait de son dernier album "la résonance des 3 piliers" : voir au delà des préjugés, des certitudes, un vivre ensemble qui résume bien la pensée de Philippe Bonnaire et l'esprit de cet album...

(Pour revenir en mode "lecture" il suffit de cliquer sur la croix de fermeture de la petite fenêtre qui s'est ouverte en remplacement de la barre de lecture après avoir normalement arrêté la lecture de l'audio avec son bouton.)

Mais surtout, dans la symbolique la plus large qui soit de Noël, s’il est une chose qui nous importe particulièrement en pensant à ce jour de paix, d’universelle fraternité et d’espérance, c’est de nous impliquer « nous », pour au moins une fois dans l’année (si on ne peut plus souvent), faire quelque chose de beau, de simple, de généreux.

Hors, ce « quelque chose » qui ne coûte rien d’autre qu’un petit geste tout à fait ordinaire, je vous invite à le faire avec moi en faisant mieux connaître la quête musicale de Philippe BONNAIRE, en relayant ce billet, en le partageant autour de vous, en le diffusant de la façon la plus large possible, de réseaux sociaux en cercles privés et familiaux : ce sera beau comme une traversée sous une pluie de bleu pour aller vers la lumière.

Surtout, vous voyagerez autrement par delà les frontières de mon « Voyage du Bleu », pour faire de ce jour de Noël un jour complètement différent de tous les autres !

 

"Mamiya" un remix qui fleure bon un voyage du côté de la Guyane et des Caraïbes au milieu des mangroves, comme un reflet de paradis...

(Pour revenir en mode "lecture" il suffit de cliquer sur la croix de fermeture de la petite fenêtre qui s'est ouverte en remplacement de la barre de lecture après avoir normalement arrêté la lecture de l'audio avec son bouton.)

Car Philippe (lauréat des compositeurs du trophée de la musique guyanaise Lindor 2013) mérite une meilleure couverture médiatique, presse écrite, web TV, radio, que celle qui est la sienne actuellement.

Il lui faudrait un distributeur, une reconnaissance et une aide véritable, car artiste indépendant (talentueux de surcroît), il est méritoire dans sa lutte pour créer, avancer et faire connaître sa musique.

Et sa quête est un peu la notre, la votre : celle de transmettre ce qui, en élargissant la conscience, embellit la vie !

Il dit de lui-même : « En fait, je ne suis qu’un transmetteur : je transmets l’information vibratoire à travers mon art, je ne la garde pas puisque tout ce qui nous entoure est information. La moindre particule est énergie, et nous interagissons avec elle puisque nous aussi nous sommes énergie… »

"La symphonie des étoiles", composition extraite également de son album "La résonance des 3 piliers" est la version à la fois instrumentale et vocale de sa symphonie - rock plus instrumentale (que vous découvrirez dans son superbe album), dont la résonance me paraît plus "cosmique" encore : elle a pour moi la dimension de la bande originale d'un film comme "Dune" de David Lynchc' (création du groupe de Rock Toto), c'est une vraie œuvre musicale !

(Pour revenir en mode "lecture" il suffit de cliquer sur la croix de fermeture de la petite fenêtre qui s'est ouverte en remplacement de la barre de lecture après avoir normalement arrêté la lecture de l'audio avec son bouton.)

Dans son expression musicale aux consonances universelles empreintes d’un humanisme que Julos Beaucarne ne dénierait certainement pas, vous reconnaîtrez un peu comme l’un des vôtres ce « voyageur – passeur » ou plutôt ce transmetteur des valeurs de l’âme, aux influences parfois teintées de sonorités caribéennes (horizons de ses origines), et sans limites culturelles.

Il est né à Cayenne. Il mélange l’électronique à toutes les cultures dans son home studio, avec une prédilection pour la musique « New Age » qu’il aime et compose en l’enrichissant de mélodies multi culturelles.

Il a commencé à l’âge de 16 ans sur des instruments à cordes qu’il bricolait lui-même avec du fil de pêche et des morceaux de bois.

"La voie de l'impermanence" (toujours extrait de son album "La résonance des 3 piliers") : un reggae poétique, rafraîchissant et doux comme un alizé...

(Pour revenir en mode "lecture" il suffit de cliquer sur la croix de fermeture de la petite fenêtre qui s'est ouverte en remplacement de la barre de lecture après avoir normalement arrêté la lecture de l'audio avec son bouton.)

Il dit : « Riche de mon premier argent de poche, j’ai acheté un petit clavier sur lequel je reprenais la musique de Star Wars, de Love Story et d’autres musiques de film. J’écoutais Duran Duran et Percy Sledge avec mes frères. Mais le déclic s’est fait lors de mon service militaire à Metz en 1984, avec l’émergence de la "New wave", du "New âge", de la pop électronique. J’aimais Simple Minds, Alphaville, U2, Alan Parsons Project et surtout Mike Oldfield. C’était très riche mélodiquement parlant».

Pour gagner sa vie et continuer de créer ses œuvres musicales, Philippe BONNAIRE travaille à Toulouse dans une collectivité locale.

"Dans mon rêve", la version vidéo-clip. C'est l'un des deux bonus de son album "la résonance des 3 piliers"

Si l’on peut « entendre » une couleur, alors oui, j’ai entendu le bleu à travers la musique de Philippe BONNAIRE, un bleu sans limites, qui fait le lien de tous les possibles dans une rose chromatique sonore unissant tous les hommes de bonne volonté, quelle que soit leur culture, leur religion ou leur philosophie…

Et pour fêter Noël à ma façon, en plus de ce billet, je lui commande l’album qu’il a composé, réalisé, arrangé et produit lui-même : «La résonance des trois piliers» dont il nous offre ici quelques extraits et l’un des deux clips superbes qu’il a réalisés en Guyane à cet effet.  Ce sera pour quelqu’un de très proche mon dernier « cadeau surprise » de cette fin d’année !

"La traversée du bleu", aquarelle 24 x 32 cm extraite du "Voyage du Bleu"

"La traversée du bleu", aquarelle 24 x 32 cm extraite du "Voyage du Bleu"

Que, du bleu d’Orient (portant en lui un peu de jaune primaire iridescent) au cobalt céleste, ou de l’Ultramarine pourpre (empreint de magenta) au Cendre bleue, l’image mentale d’une « traversée du bleu » derrière lequel rayonnerait la lumière solaire (synthèse de toutes les couleurs) éclaire vos jours de Noël et l’approche du Nouvel An, comme la sortie d’une forêt de mangroves sous une pluie d’étoiles, le regard tourné vers les nouveaux horizons de l’océan !  

Les liens de Philippe BONNAIRE :

- Son univers musical et ses pensées dans "Google +"

- Sa page Facebook

- Sa présence dans Deezer

- Sa présence dans SoundCloud

 

Pour commander l'album de Philippe BONNAIRE (15 € seulement) c'est   ici

 

Joyeux Noël, heureuse fin d'année et bon voyage musical avec Philippe BONNAIRE, dans le Voyage du Bleu...

 

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 22:07

Continuons notre voyage du bleu.

Vraiment, il faut croire que le temps passe moins vite ici !

Effets du soleil, du bleu du ciel, de cette chaleur inhabituelle en cette saison ?

Tout le monde est en manches courtes, aux champs comme à la ville, où les terrasses des cafés sont bondées.

Le bleu ?

Il nous inonde, nous submerge, nous emporte…

 - Peut-être est-ce à cause de cela que je ne songe pas un seul instant à rentrer ?

Pourtant, il le faudra bien un jour, mais en attendant je continue mon voyage, et j’en profite pour reconnaître et préparer en même temps le prochain stage carnet de voyage où je vais partager mes surprises, mes découverte, mes délectations carnettistes.

Il faut dire que je découvre des bleus tout simplement incroyables.

Certains sont presque impossibles à reproduire si on n’y consacre pas de longs essais en mélanges sur la palette, si on ne change sans cesse de point de vue pour voir la lumière jouer avec cette couleur et choisir le meilleur angle pour la traduire.

Le temps consacré à ces recherches est d’autant plus exaltant qu’il débouche sur des questionnements et des exercices passionnants.

Finalement, le carnet de voyage, l’aquarelle, les croquis rapides à main levée, ne sont que des prétextes pour aller à sa propre rencontre en même temps qu’ils permettent un échange très profond avec le monde.

La chapelle de la Conception à Elvas, l’un des motifs du carnet de voyage au pays du bleu.

La chapelle de la Conception à Elvas, l’un des motifs du carnet de voyage au pays du bleu.

Parmi les bleus clairs ou cæruleums sélectionnés pour réaliser les liserés de la chapelle de la Conception, c’est le bleu royal Sennelier que je choisis, car parmi ceux qui se rapprochent le plus de la bonne couleur, c’est celui qui présente les effets d’opacité et de granulométrie les mieux apparentés à l’aspect onctueux de leur couleur sur le fond de crépi blanchi à la chaux des murs.

Parmi les bleus clairs ou cæruleums sélectionnés pour réaliser les liserés de la chapelle de la Conception, c’est le bleu royal Sennelier que je choisis, car parmi ceux qui se rapprochent le plus de la bonne couleur, c’est celui qui présente les effets d’opacité et de granulométrie les mieux apparentés à l’aspect onctueux de leur couleur sur le fond de crépi blanchi à la chaux des murs.

Dans ma quête du bleu, je m’interroge du rapport des différents bleus que je vois avec les autres couleurs qui leur sont associées, dont l'ocre jaune que l’on retrouve un peu partout dans le patrimoine bâti.

Je constate qu’en mélangeant le bleu cæruleum des liserés extérieurs de la petite chapelle Notre Dame de la Conception (dont je vous avais déjà parlé à mon arrivée au « pays du bleu »), couleur que l’on voit en de nombreuses variantes en décor sur les façades avec l’ocre jaune du bas des murs, on obtient un gris-vert qui est exactement celui des oliviers de la campagne en cette saison !

Bien sûr, il faut faire des essais avec les différents bleus cæruleums de notre nuancier (en les modifiant parfois avec un soupçon de divers jaunes ou rouges), pour obtenir le « bleu parfait » de tel ou tel décor d’architecture, et si on mélange le bleu ultramarine rompu des azulejos de l’entrée de cette même chapelle (rompu avec une pointe d’orange et non avec du gris ou du noir qui en éteindraient la luminosité), on obtient la teinte de l’ombre des oliviers vus depuis cette chapelle qui domine la campagne environnante depuis l’entrée de la ville.

Naturellement, on peut obtenir les gris-verts (ombre ou lumière) des oliviers de bien d’autres façons, mais je vous assure que ces mélanges fonctionnent parfaitement, même si le résultat manque un peu de transparence à cause de couleurs qui au départ ne le sont pas.

Le voyage du bleu, d’Elvas à Evora.

Étonnant de constater combien les couleurs dominantes dans le bâti traditionnel trouvent ici leurs correspondances par mélange, dans les variations chromatiques de l’environnement naturel …

Le voyage du bleu, d’Elvas à Evora.

Mes verts (vert rompu n°1 et gris vert n°4) obtenus par mélange du bleu des liserés de la chapelle (bleu royal Sennelier) ou de l’outremer rompu des azulejos (voir mélange ci-dessus) avec l’ocre jaune des murs (tous les outremers de toutes les marques conviennent, idem pour l’ocre jaune) qui s’apparentent aux différents verts des oliviers ne sont qu’un sujet de réflexion parmi d’autres, basés sur l’observation des différentes couleurs d’un même environnement.

Mais si je veux réellement peindre le feuillage des oliviers, j’utiliserai plutôt du bleu d’Indanthrène Sennelier (transparent intense) à la place du bleu royal (opaque granuleux) pour faire le gris vert de leur feuillage en pleine lumière dans le lointain, et à la place de l’outremer français utilisé pour imiter l’outremer rompu des azulejos (outremer qui est transparent intense) du bleu indigo Rembrandt, car bien que semi-opaque, celui-ci permet d’obtenir la bonne teinte des zones à l’ombre sans mélange intermédiaire (d’où effet plus lumineux, travail plus rapide et similitude chromatique plus grande).  

Hors, le but de ces exercices n’est pas de chercher à peindre des oliviers, mais de se servir des couleurs que nous voyons (en suivant ici le fil conducteur du bleu), pour établir de plus subtiles connivences entre l’univers qui nous entoure, les êtres et les choses que nous rencontrons et notre propre sensibilité, la « profondeur » de notre regard sur le monde.

C’est par ce rapport des couleurs à la vie dont elles sont le reflet, qu’au-delà du témoignage d’un instant, d’un lieu, d’un objet, d’une rencontre, on peut « voyager » à l’intérieur même du voyage, et interpréter « autrement » la réalité perçue à travers ses différentes facettes.

Chaque nouvelle interprétation va alors se révéler comme un nouveau chemin pour aller plus loin dans sa démarche et la réalisation de son carnet…

C’est pour cela que je pense l’approche «traditionnelle et classique» du carnet de voyage (dessins / textes / aquarelles), supérieure dans le fond (même si dans la forme tout est possible pour affirmer sa créativité) par rapport aux autres types de carnets (tout aussi attrayants qu’ils soient, bande dessinée, collages, photos, etc.)...

Quant à l’aquarelle, il y en a bien sûr autant d’approches et de concepts qu’il y a de démarches artistiques et de personnalités créatives, mais celle que je préconise sur le terrain (et que j’enseigne tout en restant fidèle aux bases techniques de cette expression), s’affranchit largement de toute idée de supériorité artistique, de compétition, de maîtrise technique démesurée, d’esthétique en quelque sorte « au dessus du panier » pour ne pas dire de mégalomanie philotechnique : elle reste en toute simplicité au plus près du sujet dans l’immédiateté de l’instant, en étant sans sophistication aucune le fruit de la spontanéité, de la joie de vivre, et de la rencontre entre le réel et notre sensibilité !

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 20:40

Le bleu, sur les murs de la salle à manger brillait de mille éclats dans les azulejos de la petite taverne.

Nous étions les premiers clients de la soirée, et je dessinais sur mon carnet de route une modeste aquarelle de cette salle encore vide au plafond voûté ocre jaune un peu noirci par la fumée…

C’était en 1994 à Évora.

Mon père m’avait enseigné les joies de l’aquarelle rapide, mi pochade, mi croquis aquarellé, source de grandes joies, car ici ce n’est pas le résultat pictural qui compte mais le souvenir de ce que nous laisse ce genre d’esquisse plus ou moins bien réussie quand elle est associée au voyage : la mémoire d’un instant bien plus important que pourrait l’être la réalisation d’un véritable chef-d’œuvre !

Tout simplement parce que le temps qui passe efface à jamais ces moments de bonheur infiniment précieux liés à des émotions furtives, à des plaisirs simples partagées en famille ou entre amis et traduits par quelques coups de crayon et de pinceau, où sont éternisés ces bruits, ces couleurs, ces odeurs, ces éclats de rire, la présence de ces êtres aimés qui étaient insouciants et nous accompagnaient.

J’ai recherché dans les lumineuses ruelles la petite « Casa de Pasto » où nous avions mangé de si bons calamars frits, mais ne l’ai retrouvée.

Il y avait tant de bleu sur les murs…

Je ne suis pas certain, si j’y avais à ce moment-là réalisé une aquarelle plus élaborée, bien plus « belle » (comme on aime les voir aujourd’hui), que je retrouve à présent la même émotion en la contemplant.

À Évora la blanche, devant cette page de mon ancien carnet du Portugal qui me suit également dans le « voyage du bleu », je comprends la nature de cette nuance si particulière curieusement nommée « bleu à l’âme » (couleur que je ne saurai vous expliquer en ce jour de Toussaint).

En attendant, je poursuis ma route, espérant découvrir peut-être dans les jours qui viennent l’âme du bleu…  

Le bleu « à l’âme »…

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 11:02
Une entrée de chapelle parmi tant d'autres toute étincelante de bleu...

Une entrée de chapelle parmi tant d'autres toute étincelante de bleu...

Pas une minute pour publier quoi que ce soit, juste peindre et se délecter de bleu, de soleil, de chaleur, de villages blancs, à bientôt pour la suite...

Entre 2 aquarelles (bleues, naturellement)...

Entre 2 aquarelles (bleues, naturellement)...

D'autres villages nous attendent inondés de lumière, je vous promets non seulement de très jolis bleus, mais aussi des ocres, des jaunes, et beaucoup beaucoup de chaleur et de soleil !

D'autres villages nous attendent inondés de lumière, je vous promets non seulement de très jolis bleus, mais aussi des ocres, des jaunes, et beaucoup beaucoup de chaleur et de soleil !

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 07:48

Cette nuit au plus tôt, j'arrive dans le "pays du bleu"...
Alors, avant de partir pour les dernières centaines de kilomètres qui m'en séparent, j'esquisse à toute vitesse le paysage vu du balcon de ma chambre, manière de réveiller les bleus qui dormaient au fond de ma palette !
J'aime bien commencer ainsi la journée par un minuscule travail informel et sans prétention, avant d'aller déjeuner puis reprendre la route...
En attendant la suite, je vous laisse sur ce motif rapidement griffonné, et la dernière vidéo de sa très rapide réalisation, juste avant mon départ pour la dernière étape de cette approche du "pays du bleu".

C"est la petite ville castillane de Vitoria Gasteis, au milieu de plaines arides...

C"est la petite ville castillane de Vitoria Gasteis, au milieu de plaines arides...

Et malgré un planning très "serré" en plus du trajet quotidien dans ce "voyage du bleu" (car j'effectuerai en même temps les repérages d'un futur stage aquarelle / carnet de voyage tout à fait nouveau), je vais tout de même essayer de vous faire partager de temps en temps par un petit résumé, les étapes colorées de ce parcours...

- Alors, à très bientôt pour la suite ?

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 17:57

Me voici en route pour le « pays du bleu » dans un périple en voiture de plusieurs milliers de kilomètres…
C’est la surprise des articles à venir (en fonction du temps dont je disposerai et de mes possibilités de connexion Internet).
À bientôt donc pour la suite, en attendant, je vous laisse deviner où je pars avec ce rapide croquis d‘une ruelle où le bleu est roi.

Sur la route, dans le Voyage du bleu...

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 16:44

Lorsque je demande à l’une ou l’un de mes collègues aquarellistes pourquoi elle ou il privilégie dans sa palette telle ou telle couleur, elle ou il est souvent bien incapable de me l’expliquer : c’est me répond-on question d’habitude et de goût personnel, d’affinité particulière avec ses couleurs parce qu’on réussit mieux ses effets avec (mais sans savoir exactement pourquoi), ou même quelquefois par « effet de mode », de publicité, ou parce que son fournisseur habituel est tributaire de telle marque ou de telle autre…

Hors, la réponse à cette question est capitale si l’on veut obtenir des résultats encore meilleurs, et aborder des problématiques nouvelles aptes à élargir notre créativité, à mieux nous épanouir dans ce qui nous pousse à nous exprimer dans un domaine particulier de l’aquarelle plutôt qu’un autre (il devrait en être de même pour toutes les autres techniques artistiques utilisant la couleur) !

En réalité, il faut savoir qu’une même couleur ne réagira pas sur un papier identique d’un fabricant à l’autre, qu’une couleur bien précise du même fabriquant ne réagira pas non plus de la même façon selon la nature du papier qui la reçoit (avec une même préparation palette et une dépose papier identique), que des couleurs du même fabriquant, mais aux nuances proches dans la même gamme colorée (les bleus par exemple et bien qu’ils soient légèrement différents sur le nuancier), pourront rendre (pures ou en mélange et selon la concentration pigmentaire de leur préparation) des effets visuels ou optiques sensiblement identiques à l’œil sur des papiers différents alors qu’elles sont différentiées sur le nuancier, etc.

À cette problématique de base se rajoute celle des qualités pigmentaires des couleurs (capitales pour toute réussite en aquarelle – mais pas seulement - en termes de luminosité, de vibration et d’atmosphère) : limpidité, vivacité, fraîcheur, brillance, transparence, intensité, etc.

Venez avec moi à la découverte des bleus de la source :

 

Aussi, avant de continuer cette approche du bleu en aquarelle, même sans aller trop loin dans nos souvenirs de physique et chimie, une petite révision théorique s’impose : nous savons que la couleur (citation Wikipédia) : « est la perception subjective par l'œil d'une ou plusieurs fréquences d'ondes lumineuses, avec une (ou des) amplitude(s) donnée(s) »

« On distingue :

  • les couleurs pigmentaires, dites chimiques, car produites par la présence dans la matière de colorants ou de pigments qui absorbent une partie de la lumière blanche et ne réfractent que certaines longueurs d'onde,
  •  
  • les couleurs structurelles, dites physiques, provoquées par des phénomènes d'interférence liés à la structure microscopique de l'objet qui diffracte la lumière reçue. Les couleurs pigmentaires sont généralement instables, tandis que les couleurs structurelles sont pérennes et iridescentes. »

Nous savons aussi que la décomposition de la lumière blanche à travers le spectre lumineux permet de visualiser toutes les couleurs perceptibles par l'œil (pensons à l’arc-en-ciel). Chaque couleur correspond donc à une longueur d’onde électromagnétique particulière exprimée en nanomètre (1 nm = 0,000 000 001 m).

Mais la plage des longueurs d’onde perceptible par l’œil humain est très réduite (situé entre 380 et 780 nanomètres), imaginiez comment serait le monde si nous arrivions à percevoir les longueurs d’onde situées en deçà et au-delà du spectre lumineux qui nous est perceptible !

Le voyage du bleu : la Source bleue

Notre perception des couleurs est de surcroît conditionnée par la lumière ambiante (directe ou indirecte), l'environnement, les interprétations de notre cerveau en fonction du contexte, et naturellement la physiologie de notre vision elle-même, ce qui nous amène à ne pas voir forcément les mêmes couleurs qu’autrui dans un même contexte.

De plus, un œil exercé maniant la couleur en permanence percevra des couleurs « invisibles » au regard du plus grand nombre (élargissant la conscience des couleurs il est très important de le savoir, j’y suis régulièrement confronté dans le cadre de mes stages ou cours : parfois je dis « mettez ici tel rose ou tel jaune dans le bleu du ciel, car sa couleur en est considérablement modifiée en cet endroit » et on me répond « - mais où vois-tu cette couleur, je ne la vois pas ? », alors qu’elle est tout à fait « visible » et évidente pour moi) ! 

Aussi, pour pouvoir parler de couleur, il est nécessaire de comprendre ce qu'est la lumière et comment notre œil fonctionne.

Il faut aussi connaître pour bien comprendre la différence entre « couleur lumière » (structurelle) et « couleur pigment », les principes simples de la synthèse additive des couleurs : composition d’une couleur par addition de lumière (faire l'exercice du lien pour bien comprendre), phénomène propre aux objets émetteurs de lumière dans le cas des couleurs structurelles.
Ainsi que celui de la synthèse soustractive, principe consistant à composer une couleur par soustraction de lumière (déplacer idem les couleurs avec la souris dans l’animation de ce lien) : le mélange des couleurs « pigments » sur la palette ou le papier en aquarelle est le résultat d'une synthèse soustractive. L’étude des couleurs à travers la rose chromatique en est l’une des plus intéressantes applications théoriques, nous l’appliquons sans en avoir toujours conscience dans chacune de nos réalisations picturales…

En résumé, pour voir les couleurs, trois éléments sont indissociables : la lumière, la matière et l’œil, mais les nombreux facteurs évoqués ci-dessus vont en faire changer la perception qui à chaque instant peut paraître différente.

Par contre, pour traduire en aquarelle un effet ou un objet coloré (particulièrement s’il est perçu en terme de lumière structurelle – donc « couleur lumière » -), nous n’avons à notre disposition que des pigments (mais qui sont « matière » tout aussi bien élaborés soient-ils).

Il nous faudra donc être très attentifs dans la composition de nos palettes aux trois principaux éléments qui définissent la couleur que nous utilisons en tant que peintres :

  • a) la tonalité (rapport à la couleur dont elle se rapproche le plus, correspondance entre le nom et numéro des couleurs sur l’étiquette et leur teinte réelle dans la palette puis sur le papier une fois sèches),
  • b) la luminosité (valeur, intensité lumineuse, liée à la transparence de la couleur, ne vous fiez pas seulement aux indices de transparence donnés par le fabricant : testez vos couleurs sur le papier !),
  • c) la saturation (plus ou moins pure, éclatante, brillante ou terne, qualité de la couleur où les notions de valeur teintante, granulométrie / précipité, etc., jouent un rôle important, particulièrement dans les mélanges)…

D’où l’importance de la nature des pigments de nos demi-godets (ou de nos tubes) qu’il nous importe d’évaluer, tester, comparer, mémoriser pour en connaître parfaitement les caractéristiques dont limpidité, vivacité, fraicheur, brillance, transparence, intensité, le pouvoir colorant, l’aptitude au précipité ou à la granulation selon les fabricants, effets des mélanges selon les types de papier (toutes ces notions ainsi que celles d’autres éléments comme la durabilité, seront développées, expliquées et mises au service de votre créativité dans les cours en ligne sur lesquels je « planche », mais vous pourrez déjà en découvrir quelques-unes des implications les plus courantes dans cette série d’articles) .

C’est à partir de ce constat que nous pouvons en déduire la suprématie de l’aquarelle légère et rapide par rapport à de nombreuses techniques d’expression artistique pour son aptitude à saisir les scènes éphémères, les ambiances fugaces, les effets de lumière (et donc de couleurs) qui changent très vite (par exemple en extérieur en fonction de la météo, de l’écoulement du temps, ou de notre propre déplacement par rapport à nos sujets de prédilection).

Pour bien traduire les couleurs subtiles et nuancées de la Source bleue (couleurs structurelles « immatérielles » de l’eau), il conviendra donc de posséder dans sa palette les couleurs « optimales » les plus aptes à permettre de réussir leurs mélanges et obtenir les effets souhaités.

Pour cela 2 solutions :

  • soit on connaît parfaitement ses couleurs et on maîtrise tous les éléments évoqués ci-dessus (auquel cas on a déjà correctement disposé sa palette avec les « bonnes couleurs » - et je ne parle pas seulement des bleus -),
  • soit on découvre l’aquarelle, on est en phase d’apprentissage ou de perfectionnement, ou on travaille par « habitude » (au « feeling » en quelque sorte sans trop se poser de questions sur l’implication des couleurs dans l’optimisation de son travail), et là, il faut procéder avec méthode pour remanier sa palette et lui donner le potentiel apte à vous faire entrer dans d’autres dimensions de la « couleur lumière »,
  • Comment ?

En effectuant des tests et essais tout simplement (ou en se fiant à mes conseils et propres expériences - mais n’oubliez pas qu’il faudra les adapter à votre sensibilité et goût personnel - comme je l’explique sommairement ci-dessous à propos de la Source bleue) !

L’idéal quand on n’a pas une palette adaptée avec des bleus permettant de retrouver rapidement ceux de son sujet est d’apporter son nuancier des bleus pour les comparer à ceux de ce sujet, puis d’extraire les plus appropriés pour les rajouter à sa palette de travail…

L’idéal quand on n’a pas une palette adaptée avec des bleus permettant de retrouver rapidement ceux de son sujet est d’apporter son nuancier des bleus pour les comparer à ceux de ce sujet, puis d’extraire les plus appropriés pour les rajouter à sa palette de travail…

Les couleurs bleues et vertes de la Source bleue sont avant tout des couleurs structurelles provoquées par la diffraction de la lumière du jour interférant avec les particules des micro-précipités que son eau contient.

Analysons notre sujet (une analyse globale, strictement picturale, simple et fonctionnelle est généralement suffisante pour la plupart des sujets, mais je ne m’intéresse ici afin de bien les comprendre qu’aux effets de lumière et de couleurs concernant le phénomène provoquant les bleus de cette source, du bleu très sombre du fond de la vasque, aux turquoises, verts et bleu gris des zones les moins profondes liées à l’étalement des eaux au départ du ruisseau) :

  1. – Analyse sommaire formelle du sujet :

À l’origine de ce phénomène physique de bleu extraordinaire dégagé par cette eau, un processus d’origine chimique lié à son caractère d'exsurgence d'eau karstique qui, après avoir traversé les calcaires des karts, s’est chargée d'ions HCO3-, et Ca++ en solution. En arrivant à la surface au niveau de la source, l’eau de la Source bleue relâche dans l'atmosphère une partie de son CO2. Cette perte de CO2 favorisée par la photosynthèse de bactéries photosynthétiques planctoniques provoque un micro-précipité de CaCO3 en suspension dans l'eau (2 HCO3- + Ca++<=> CO2 + CaCO3 + H2O).

Dans les conditions habituelles d’éclairage de la source à la lumière du jour, la configuration et la profondeur de sa vasque, les particules de ce micro-précipité ont la bonne dimension et la bonne concentration pour entraîner la diffusion de la lumière et lui donner ses exceptionnelles couleurs bleues.

Le voyage du bleu : la Source bleue

D’autres phénomènes physiques s’ajoutent aussi à ceux de la propagation de la lumière dans l’eau, de son absorption en fonction de l’indice de réfraction de cette eau, de sa profondeur, et de la nature du sable clair du fond de la vasque calcaire sur laquelle la lumière non absorbée se réfléchit.

L’intensité lumineuse diminuant avec la profondeur, les rayonnements rouges de la lumière étant d’abord absorbés avant le bleu et selon les principes de la synthèse additive des couleurs, la lumière émergente du fond de l’eau ayant perdu le rouge, on voit donc une eau de couleur cyan et verte dans les zones moins profondes, et d’un bleu plus foncé vers le fond de la vasque (au niveau de l’arrivée de la galerie noyée en forme de siphon environ 6 m de profondeur), où les rayonnements verts se sont également dispersés à leur tour (voir la vidéo d’exploration subaquatique de la Source bleue en fin de billet)…

Mon essai d’interprétation personnelle des effets du rayonnement de la lumière du jour dans la source bleue (si mes souvenirs scolaires de physique ne se sont pas trop évanouis…).

Mon essai d’interprétation personnelle des effets du rayonnement de la lumière du jour dans la source bleue (si mes souvenirs scolaires de physique ne se sont pas trop évanouis…).

En fait, la couleur bleue de la source qui arrive à nos yeux est le résultat de la combinaison de plusieurs des phénomènes de diffusion, transmission et réflexion sur le fond clair (la réflexion spéculaire du bleu du ciel à la surface de l’eau étant ici insignifiante à cause du couvert végétal) où la lumière du jour qui ressort en lumière diffusée est réémise dans toutes les directions après avoir suivi un trajet chaotique dans l’eau avant de ressortir dans des directions aléatoires après absorption selon la profondeur de l’eau des longueurs d’onde colorées de la gamme des jaunes aux rouges, ce qui ne nous laisse percevoir que les teintes allant du vert pâle au bleu profond.

  1. – Analyse d’interprétation picturale du sujet :

Bien que je n’aborde pas réellement ici l’analyse d’interprétation picturale de cette source (la réservant à mes cours et modules de formation en ligne ou à mes stages - mais on en a une idée à travers un passage de la vidéo -), je vais cependant en amorcer les principes, car, que cette analyse soit implicite (intuitive ou spontanée, liée à l’habitude et à l’expérience picturale du travail sur le motif) ou explicite (phases d’apprentissage ou de découverte), elle n’en est pas moins essentielle.

Les éléments qu'il est possible de prendre en compte dans l'analyse d’un motif sur le plan « pictural » sont multiples, variés et complémentaires, car ils définissent la construction même du travail à travers ses différentes étapes, et orientent l’interprétation créative du sujet.
Ce type d’analyse pour une réalisation en aquarelle ou croquis aquarellé (même rapide) doit bien évidemment être pensé en fonction des attentes espérées de ce travail.

Elle doit répondre aux questions :

  • Qu’est-ce que je vois ? – qu’est-ce que je garde et qu’est-ce que je « laisse » ? - comment je le traduis en terme de formes, de couleurs, de lumière, de graphisme, etc. ?- par quoi je commence et comment j’élabore mon motif ? – en combien de temps je pense le réaliser ? etc.

Globalement en carnet de voyage ou de terrain, ce questionnement doit tenir compte :

  1. - du contexte : tout ce qui n’est pas dans le sujet, mais qui contribue à sa perception, à son interprétation,
  2. – du réel exprimé : tout ce qu’on peut appréhender dans le sujet d’un monde absent mais qui m’est donné à voir (le référent).
  3. – des choix énonciatifs : ce qui, dans le sujet, dépend pour l’essentiel de l’acte de représentation et non du réel représenté (d’où que garde-t-on, que supprime-t-on ?).
  4. – de l’interprétation : c’est-à-dire la manière technique et créative permettant de relier les différents éléments analysés entre eux et avec la subjectivité de la perception pour donner un sens particulier à son motif.

La recherche des bleus et des verts les mieux appropriés faisant partie de cette analyse, je vais, une fois les deux ou trois bleus de ma palette des bleus sélectionnés et rajoutés à ma palette de travail, étudier avec quels jaunes (ou quelles autres couleurs pures) les mélanger pour obtenir sur le papier non seulement les couleurs se rapprochant le plus de la réalité, mais aussi celles aptes à répondre à mon intention créative (à commencer par l’atmosphère que je veux donner à cette aquarelle, aussi rapidement soit-elle réalisée).

Pour cela il n’y a pas « 36 solutions » en phase d’apprentissage, il faut faire ses essais de mélanges – échantillons des couleurs qui nous paraissent les plus correspondre à ce que je veux réaliser sur le même papier que celui de mon carnet de voyage (ou papier définitif d’exécution), voici quelques-uns de ces tests réalisés pour vous :

Test du mélange des bleus sélectionnés avec l’auréoline pour rechercher les verts, + l’alizarine cramoisie pour la couleur de l’eau profonde sous le fond de voûte.

Test du mélange des bleus sélectionnés avec l’auréoline pour rechercher les verts, + l’alizarine cramoisie pour la couleur de l’eau profonde sous le fond de voûte.

J’ai choisi comme première base de bleus : turquoise Rembrandt, outremer clair Blockx, indanthrène Rembrandt, bleu d’Anvers Winsor / Newton, bleu Winsor W-N (base ramenée après essai à 3 bleus seulement : turquoise Rembrandt, outremer clair Blockx, indanthrène Rembrandt), comme base de jaunes auréoline W-N et or vert (Winsor / Newton également), et en couleur annexe (pour réaliser le bleu très sombre sous le porche de la source), l’alizarine cramoisie W-N.

Je rappelle que pour traduire un effet de couleurs structurelles toutes ces couleurs doivent être plutôt transparentes intenses, pigments purs ne précipitant pas !

Test du mélange des bleus sélectionnés avec l’or vert W-N pour les zones d’eau de faible profondeur, et pour la teinte de l’eau en fond de voûte mélange outremer clair + bleu Winsor + l’alizarine cramoisie (donne « Teinte fond de voûte n°1 »)

Test du mélange des bleus sélectionnés avec l’or vert W-N pour les zones d’eau de faible profondeur, et pour la teinte de l’eau en fond de voûte mélange outremer clair + bleu Winsor + l’alizarine cramoisie (donne « Teinte fond de voûte n°1 »)

Au premier coup d’œil après séchage, le constat que l’on peut faire est que, même si certaines des nuances obtenues sont très proches les unes des autres dans les verts et verts / turquoises, c’est avec  l’or vert qu’elles paraissent plus nuancées, naturelles et subtiles, c’est donc cette dernière couleur que j’utiliserai pour aller des turquoises aux verts.

Il est également à remarquer si l’on compare le mélange auréoline W-N / bleu outremer clair  Blockx, que ce mélange devient vite sale et très granuleux sur papier à grain (même fin comme le Montval), alors qu’il précipite très peu en restant assez transparent et fluide sur papier satiné ou à grain très fin (donc, bien faire ses tests couleurs avec le même papier que le papier définitif !) :

Mélange bleu outremer clair  Blockx + auréoline W-N sur papier Montval 300 g

Mélange bleu outremer clair Blockx + auréoline W-N sur papier Montval 300 g

Mélange identique sur papier Sennelier 180 g à grain très fin

Mélange identique sur papier Sennelier 180 g à grain très fin

Ne pas hésiter à comparer les mélanges de plusieurs couleurs proches (ou identiques) provenant de fabricants différents, cela permet de trouver le mélange le mieux adapté au papier de son carnet, exemple pour la couleur de l’eau sous le fond de voûte de la source :

Teinte de fond de voûte n°2 : le bleu de phtalo vert Sennelier donne sur mon papier Montval après mélange avec le bleu outremer clair Blockx et l’alizarine cramoisie W-N, un bleu plus profond et lumineux tout en restant aussi transparent, qu’avec le bleu Winsor (nuance verte) W-N, c’est donc le mélange que je privilégierai.

Teinte de fond de voûte n°2 : le bleu de phtalo vert Sennelier donne sur mon papier Montval après mélange avec le bleu outremer clair Blockx et l’alizarine cramoisie W-N, un bleu plus profond et lumineux tout en restant aussi transparent, qu’avec le bleu Winsor (nuance verte) W-N, c’est donc le mélange que je privilégierai.

Le voyage du bleu : la Source bleue

Les couleurs ci-dessus (de l’eau de la source) préalablement préparées sur la palette, sont passées en humide par glacis (dans toute la surface concernée mouillée à l’eau claire) par-dessus les galets et cailloux du fond bien secs (réalisés en un premier temps), pour favoriser leur mélange sur le papier et obtenir les effets de transparence.

La Source bleue, motif terminé.

La Source bleue, motif terminé.

Si vous voulez en savoir plus sur la source bleue, sachez qu’elle a été explorée et que son siphon est devenu un « classique » de la plongée souterraine.

Elle conserve cependant encore une grande part de ses mystères et réservera probablement de nouvelles surprises aux futurs explorateurs. Je vous laisse en découvrir ci-dessous une coupe que j’ai dessinée à partir du panneau situé sur l’entrée du site et l’une des nombreuses vidéos de sa plongée qui vous immergera totalement au cœur du bleu de son eau (impressionnant et poétique à la fois !).

Quant au plus célèbre peintre de la région (Courbet), il a peint cette source dans un tableau où je ne vois guère de bleu !

Mon interprétation personnelle du panneau placé à l'entrée du sentier de la Source bleue

Mon interprétation personnelle du panneau placé à l'entrée du sentier de la Source bleue

L'une des vidéos que l'on peut trouver sur Internet, de l'impressionnante plongée de la Source Bleue...

Enfin, pour terminer ce deuxième billet consacré au bleu, je voudrais partager avec vous ce très beau passage du livre de Thierry Lenain, "Loin des yeux près du cœur", 1997, Ed Nathan "Les couleurs pour un aveugle" :

"…ça la troublait que je ne connaisse pas les couleurs. Je lui avais pourtant affirmé que ce n'était pas grave, que ça m'empêchait ni de vivre, ni d'aimer... Elle tenait pourtant à me les apprendre.

Alors il y eut le jaune comme le soleil qui chauffe sur la peau, le vert comme le parfum de l'herbe mouillée le matin, le bleu comme l'océan quand tu es devant. 

"Tu t'es déjà tenu devant l'océan, pour écouter les vagues et sentir le vent sur ton visage ? M’avait-elle demandé. Eh bien le bleu, c'est comme ça."

Et elle le répétait inlassablement: ça, c'est jaune comme le soleil qui chauffe la peau, ça vert comme le parfum de l'herbe mouillée le matin, et ça bleu comme l'océan quand tu es devant.

C'étaient nos couleurs. Les couleurs de notre amour. "

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 14:02

J’ai enfin réussi à me débarrasser de cette épouvantable pub qui vous agressait en agressant mon blog !
Je veux parler de cette bannière affreuse et perfide qui ramenait vers des "rogues" et s’affichait ostensiblement au bas de ces pages sans que ni vous ni moi, n’arrivions à nous en débarrasser…
C’est pour cela qu'après mon précédent article je ne publiais plus.
Pour moi qui n’ai en informatique que des connaissances basiques, il m’a fallu beaucoup de persévérance, de patience, et l’aide précieuse de sympathiques blogueurs bien plus compétents que moi, pour me guider jusqu’à la source du script vampire afin de l’éliminer.
Sans cette salutaire aide je pense que je n’y serais jamais arrivé seul, et je tiens à remercier les trois personnes qui m’ont aidées :  il s’agissait d’un tout petit script en html qui s’était glissé avec effet rétroactif (sans doute par mise à jour des codes) invisible hors html, tout en bas du lecteur flash de la musique que j’avais arrangée pour l’intro de cette page (vous savez, c’est celle-ci qui évoque le voyage et le rêve et que vous pouvez écouter sans danger) :

En vous faisant part de ma colère d’avoir vu mon journal en ligne squatté par une agence de pub que je trouve particulièrement malhonnête car elle profitait de mon espace, de mes articles, autant que de vos visites (faisant fuir en masse grand nombre de visiteurs), que je ne peux même pas attaquer car ce sont des pratiques courantes dans la blogsphère, j’ai par la même occasion supprimé toutes les autres pubs du blog !

Seul module conservé (car je sais que de leur part ne viendra aucun souci, et en plus ce sont de vrais amis des aquarellistes), celui de notre partenaire Aquarelle et Pinceaux (au fait, ils font en ce moment de super promos dans les excellentes marques DALER-ROWNEY, BLOCKX et LEONARD ... profitez-en, ce n'est pas une pub mais une information !).
Ceci n’est pas le seul lifting de ce journal : vous aurez tout de suite remarqué en l’ouvrant la modification totale du bandeau du haut de page et le lien auquel il est relié en cliquant dessus (ce que je vous invite à faire si ce n’est déjà fait car il vous amènera à un bien beau souvenir), je vous invite à me dire dans vos commentaires ce que vous en pensez ?
Si ce nouveau «look» vous plait, alors vous devriez être ravis (es) dans les semaines à venir car ce n’est qu’un début, nous en reparlerons bientôt.
Vous l'avez donc compris : c’est un nouveau départ que je vous prépare, avec le printemps de nouvelles choses vous attendent qui j’en suis certain, vont vous passionner !
Le nombre des visiteurs remontant très vite (vous en faites partie ce dont je vous remercie car il vient de repasser à plusieurs centaines par jour depuis que j’ai éradiqué l’abominable pub), et surtout toutes les bonnes nouvelles en perspective, j’ai donc décidé dès le prochain article de vous emmener dans une extraordinaire aventure, une histoire magnifique, un voyage qui ne pourra vous laisser indifférent car il ne pourra jamais plus être renouvelé comme je vais vous le faire partager…
Enfin, quelque chose d’à la fois exceptionnel et merveilleux, vous allez vivre avec moi une aventure de pionniers, qui plus est, pinceaux et aquarelles en main !
Tout commence ici, dans ce très beau paysage que j’esquisse rapidement sous un ciel de traîne changeant et capricieux de ce début avril, face à des horizons bleutés, immenses, qui nous transportent très loin dans l’espace et le temps, d’une incroyable poésie…
Causse-ComtalJe ne vous dis pas où c’est aujourd'hui (je vous laisse cependant deviner si vous y parvenez), puisque vous découvrirez très bientôt avec surprise et étonnement où je vous emmène, et pourquoi je vous y emmène !

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