aquarelliste - un destin personnel - Aquarelliste et peintre voyageur
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  • : En peinture, l'art de l'aquarelle est un mode d'expression qui va des carnets de voyages à la création de tableaux : en voici les différentes facettes inspiratrices, techniques et créatives selon Alain MARC ...
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Andalousies

«Andalousie, la Route d’Alain MARC», carnet de voyage de Pierre NAVA
Découvrez article après article en cliquant sur les vignettes ci-dessous le carnet spontané de Pierre m’accompagnant en Andalousie, et les «Petites Histoires vidéo» qu’il m’a inspirées :

La-Barca-1b-Pierre-Nava.jpg

Préambule

La Barca 2a Pierre Nava

L'étape de Peniscola

Andalousie b Pierre Nava

Sur la route de l'Andalousie...

Moulin-b Pierre-San Jose 2

Au Cabo de Gata

Bateau Pierre Isleta 3b

La Isleta del Moro

Huebro Pierre vignette

Huebro, la montagne enchantée

Pierre-Nava-Guadix-4-copie-1

Guadix, les maisons troglodytiques

Rio Fardès

Le rio Fardés

9 juillet 2006 7 09 /07 /juillet /2006 10:45

Aquarelles abstraites à découvrir en milieu souterrain ... (B)

 

Je vous ai raconté dans le dernier article notre arrivée dans cette profonde cavité …

Ici, le temps s’est arrêté et on ne voit pas les heures passer .

Pourtant, il faut avancer si on veut aller jusqu’au lac dans le réseau inférieur .

Je voudrais explorer de tous les côtés à la fois car des couloirs assez considérables partent régulièrement à droite et à gauche du principal couloir où nous cheminons : ce sont certainement des affluents du cours d’eau qui a creusé le tunnel où nous nous trouvons ?

Étrange balcon d’orgues de calcite bleutée qui retombent en cascade au dessus de nous de part et d’autre d’une superbe rotonde minérale !

Plus loin un peu d’escalade vient varier le parcours, et c’est le passage d’un ressaut de quelques mètres qui nous permet de nous enfoncer dans la partie la plus profonde de notre visite . Ici le nombre de colonnes, de stalactites et de stalagmites est si important qu’elles constituent un véritable bosquet minéral à travers lequel nous faisons grand nombre de photos, et où je m’installe à nouveau pour quelques aquarelles à la limite de l’abstrait, mais je n’ai même pas commencé que mes camarades sont déjà bien avancés et je me dépêche pour les rattrapper .

L’enchaînement des draperies, des colonnes, des concrétions qui descendent vers le sol ou se projettent vers le plafond sont autant de flammes étincelantes et colorées qui dansent dans la lumière de nos frontales et de nos lampes, sur fond d’ombres bleutées … (Aquarelle Alain MARC 24 x 32 cm)

Nous progressons rapidement . On voudrait courir, voler ! La chance d’être dans un autre monde si proche et lointain à la fois, si féerique dans sa singularité, nous transporte d’émotion et de joie . Il en est toujours ainsi pour moi depuis ma plus tendre enfance et mes premières aventures souterraines sur les traces de mon père et de ses amis dont la référence à l’époque était Norbert Casteret .

Bientôt le silence est troublé par le bruit de gouttes qui tombent à intervalles plus ou moins régulier à la surface d’un plan d’eau . C’est une musique légère, raffinée comme une mélodie orientale, mystérieuse, gaie, et cristalline .

Nous savons bien avant de le voir, que nous sommes arrivés au petit lac qui annonce l’ultime but de notre randonnée .

Mon copain fait une acrobatie au dessus de l’eau pour me photographier au bord du petit lac : j’aime bien ces reflets de lampes qui sont comme des étoiles qu’on aurait apprivoisées et qui flotteraient dans un espace où les différents états de la matière se rencontreraient …

Et puis on fait le silence, on éteint toute lumière, on ne bouge plus pour n’être qu’en écoute de ces petites gouttes qui tissent dans l’obscurité les draperies de pierre et les fragiles tubes de calcite transparents comme du verre .

- Qu’ils sont loin les projecteurs bariolés des grottes touristiques qui font se pâmer les foules blasées d’un monde d’assistés, alors que sous leurs pieds la vie secrète des profondeurs de la terre continue de nous émerveiller en nous apprenant le respect pour la beauté d’une nature qu’il ne faut jamais dégrader !

Peindre dans la solitude des profondeurs du causse, au cœur d’une nuit éternelle qui contient à elle seule toute l’histoire de nos origines, entouré des couches sédimentaires des mers primitives est un privilège rare, générateur d’un intense bonheur !

Même si les chefs d’œuvre ne sont pas au rendez-vous, les aquarelles qui en naissent sont autant de lettres d’amour entre cet univers que j’aime et mes rêves d’infini, enfantés par la déesse mère, la déesse terre, que les hommes préhistoriques les premiers, par le chamanisme avaient choisie

pour se dépasser …

Avant de remonter, une dernière fois regarder la lumière de la lampe le visage à même le sol, voir s’animer ces obscures merveilles pour les sentir vivre, les sentir « respirer » et lui dire mon amour et mon respect, dans la tiédeur de la minérale poussière où nous retournerons un jour à jamais .

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5 juillet 2006 3 05 /07 /juillet /2006 15:36

Aquarelles abstraites à découvrir en milieu souterrain (A) ...

 

Le causse ne nous décevra jamais !

Hier au soir, un bon copain me dit : « J’ai appris l’existence d’une grotte qui devrait t’intéresser : - on va y faire un tour ? »

Pas besoin de me le demander deux fois, surtout parce qu’il paraît qu’elle est à la fois « sportive » (puits et ressauts, petite escalade, « ramping » en laminoirs et chatières, passages en « opposition »), déjà profonde (1 ou 2 km), grande (salles de plusieurs dizaines de mètres de diamètre), et belle, très belle même, avec des draperies, des concrétions de toutes sortes, un lac souterrain et des cristaux rares comme l’aragonite .

Préparation du matériel, de l’éclairage, et d’un peu d’eau pour boire, quelques fruits secs, le matériel d’aquarelle, les appareils à photos, etc.

Nous voici à pied d’œuvre, nous sommes trois, un autre joyeux luron s’étant joint à notre petite équipée .

L’entrée de la cavité, comme souvent, ne paye pas de mine : un simple trou plus petit que la taille d’un homme dans un talweg très pentu . Mais au bout de quelques mètres le boyau s’agrandit jusqu’à ne plus permettre de distinguer les parois devant soi dans la lumière des torches … Soudain la cavité paraît s’arrêter brusquement sur une épaisse paroi qui descend jusqu’à quelques centimètres du sol : juste le passage du corps bien à plat, en rampant, la tête sur le côté .

À plat ventre dans un passage surbaissé parmi tant d’autres, celui-ci sous une forêt de stalactites très fragiles qu’il s’agit de ne surtout pas toucher pour les préserver et ne pas les briser en rampant dans la progression …

La suite n’est qu’un enchaînement de rétrécissements et d’étroitures avant d’arriver dans une vaste salle au fond de laquelle s’ouvre un large puits dont on éclaire à peine le fond malgré l’usage de nos deux torches réunies .

Je descends au fond du puits pour y entamer ma première aquarelle qui a du mal à sécher tant l’humidité y est élevée, mais je me régale car les conditions y sont idéales pour mener un travail où le papier doit justement rester humide longtemps !

Une grande stalagmite jaune, orange et ocre s’élève dans le noir du puits, comme fluorescente sous la lumière de la lampe à acétylène … (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

 

Étrange sentiment d’émotion et d’impatience mêlées …

Dans le prochain article, vous prolongerez cette aventure dans les profondeurs du causse, et vous découvrirez ce qu’apporte cette sorte d’intimité avec ce monde étrange et secret …

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31 mars 2006 5 31 /03 /mars /2006 09:59

De l’Afrique à la lune qui cache le soleil …

Un évènement s’est produit avant-hier qui est passé presque inaperçu sous nos latitudes, car il se voyait à peine depuis nos pays européens : c’est l’éclipse du soleil qui a plongé dans l’ombre une grande partie de l’Afrique centrale .

Avec cette aquarelle abstraite dédiée à cet immense continent, je vous invite à revivre cet évènement comme si vous y étiez, à travers le petit reportage réalisé par Adeline et Florent (il vous suffit de cliquer sur l’aquarelle ci-dessous pour vous retrouver au milieu des enfants d’Accra, en train de découvrir l’éclipse qui était totale là-bas) : un beau voyage, de superbes photos et que du bonheur !

undefinedTerres africaines … Terres ocres et vertes, sanguines et magenta . Terres d’espaces solaires, d’astres apprivoisés depuis la nuit des temps, vous portez dans vos racines les premiers souffles de l’être humain !

Nous voudrions voir vos regards toujours émerveillés par le miracle de la vie avoir sur l’avenir la même jovialité toute illuminée d’espérance ! (Aquarelle Alain MARC)

Pour conclure ce petit article je vous donne rendez-vous la semaine prochaine si j’arrive à trouver un cybercafé ouvert dans mes horaires de disponibilité : je serai en Afrique justement ! … Et j’espère bien que je pourrai vous donner des nouvelles du stage d’aquarelle que j’aurai le plaisir d’animer sur les traces de Majorelle, de Delacroix, Matisse et tant d’autres qui sont passés par là . 

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6 décembre 2005 2 06 /12 /décembre /2005 18:14

«Porte de La Jane», Jean MARC, petite aquarelle représentant la porte d’entrée de la dernière enceinte de village de Cordes, côté Nord, en dessous l’église .

1958 : papa venait donc d’installer son atelier à Cordes-Sur-Ciel, magnifique petite cité médiévale à quelques kilomètres de la propriété familiale, (je raconterai plus tard l’extraordinaire aventure de ce déplacement qui allait changer son existence) .

«Fontaine de la Rue Chaude» Jean MARC, petite aquarelle d'une fontaine située dans une des plus agréables rues de Cordes à cause des jardins suspendus qui la dominent, côté sud.

Ce village, l’un des plus beaux de France, avait vu passer et séjourner nombre d’artistes et de penseurs célèbres de l’après guerre, et certains d’entre eux comme Yves Brayer ou Albert Camus, y revenaient encore pour se ressourcer loin des mondanités parisiennes .

Stimulé par les belles aquarelles qu’en ramenait mon père, je décidais que j’y réaliserais mon premier carnet de voyage .

Aussitôt dit, je me mis en chantier, parcourant les ruelles, interrogeant les habitants, dessinant portes fortifiées, maisons, tours et tourelles, photographiant le village sous toutes ses facettes, établissant des plans, accompagnant les archéologues qui fouillaient le fameux puits de la halle (accroché au bout d’un frêle câble d’acier qui nous descendait à plus de 100 m de profondeur), "décortiquant" les études de Charles Portal, (historien local fervent défenseur de son village et du patrimoine occitan), écrivant et illustrant à mon tour ce "Cordes revisité" au fur et à mesure de mes explorations .

Cordes est un village de légendes et de beauté où l’histoire du pays d’Oc plonge de profondes racines … Je n’avais qu’une idée en tête : en découvrir en et raconter la vie secrète qui palpitait sous les merveilleuses façades de grés rose, les pavés millénaires des ruelles, dans les patios et les souterrains de calcaire blond, et même au fond des yeux des chats noirs disparaissant dans les venelles, aussi bien qu’au cœur des gens qui y vivaient .

"Page de texte illustrée", détail d’une page de mon premier carnet de voyage : celle-ci explique l’histoire médiévale de Cordes .

Cette étonnante cité m’inspira tant et si bien, que mon ouvrage avança vite . Les semaines se suivaient sans que je les vois défiler, attendant impatiemment la fin des journées d’écoles pour me replonger dans cette « aventure » passionnante .

J’étais en train de le terminer, lorsque j’entendis à la radio qu’un concours national était lancé pour la jeunesse sous forme de « reportage écrit et dessiné sur son village ou son quartier», organisé par les animatteurs d'une émission qui me captivait et qui avait pour nom « Partons à la découverte » !

"Plan de la cité", page de mon premier carnet de voyage : celle-ci est un plan des fortifications et de la répartition des quartiers médiévaux de Cordes .

Je participais donc avec ce livre unique, illustré et manufacturé avec tant d’enthousiasme et d’amour, ce qui me valut le plaisir pour ma première réalisation de « carnettiste » d’obtenir un magnifique premier prix national, attribué par la Radio Télévision Française, (RTF en abrégé) .

J’avais appris ma deuxième leçon d’approche globale du carnet de voyage : l’âme des êtres et des choses est plus importante que l’apparence qu’ils peuvent en donner, et c’est-ce qu’un carnet de voyage devrait tendre à révéler .

 

 «Rue de la brodeuse», Jean MARC, petite aquarelle représentant la rue d'une maison voisine de celle de mon père, celle de la dernière brodeuse mécanique de Cordes .

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4 décembre 2005 7 04 /12 /décembre /2005 16:34

L’une de mes premières leçons d’enfance était donc que traduire le monde tel qu’on le voit n’est pas suffisant pour en exprimer la réalité, l’authenticité, et en permettre la compréhension

Je devais donc me mettre en route, m’interroger sur les problèmes de la perception, explorer des pistes multiples, m’informer sur la démarche et les moyens utilisés par ceux qui y étaient arrivés et travailler, encore travailler !

"Animaux de la basse-cour" Alain MARC, dessin des années 50 (je devais avoir 4 ou 5 ans), quelques-uns des exercices de mon enfance …

Sous la houlette de mon père, tout autant que de celle de son copain Gérard CAPOU, professeur d’arts plastiques et talentueux artiste qui venait en renfort, travailler n’était pas de tout repos …

Avant même de savoir lire j’avais accès à la bibliothèque bien documentée de mes parents, et avec une mère littéraire et un père peintre et sculpteur, les conditions étaient toutes réunies pour entrer dans cet univers fascinant du « voyage créatif » .

De nombreux artiste passaient à la maison, et nous assistions avec mes frères et sœurs à tous ces débats qui n’en finissaient plus sur les batailles d’idées entourant l’effervescence créatrice des années 50/60 .

À sept ans, ma marraine m’acheta ma première encyclopédie pratique de dessin, et tout de suite après mon premier livre d’histoire de l’art préfacé par Georges HUISMAN alors Directeur Général des Beaux-Arts, ouvrage qui avait pour ambition « de mêler le public juvénile à la vie quotidienne de ceux qui furent les plus grands créateurs de tous les temps et de tous les pays » .

Ce livre qui marqua mon enfance, se terminait par Paul GAUGIN, et par ces phrases qui évoquaient sa fuite en pleine révolution de 1848 : « Après avoir parcouru le vaste monde, il partit pour l’océan Pacifique et s’installa dans l’île de Tahiti . C’est là qu’il peignit ses plus belles toiles . »

Ainsi donc parcourir le monde, serait très utile pour créer de fort belles toiles ?

Pourquoi des toiles et pas seulement des dessins qui raconteraient le monde ?

De nombreuses questions se bousculaient dans ma tête …

Ce n'est que plus tard qu'arrivèrent mes premiers carnets de voyage (vers l'âge de 10 ou 12 ans), et avec eux, mes premiers prix dans cette catégorie...

Coupure de presse de l'époque ("La Dépêche du Midi"), avec, pour cette année-là seulement, un deuxième prix national (trois ans plus tôt, c'était avec mon carnet de Cordes-sur-Ciel réalisé l'année de mes 11 ans - le premier prix que j'avais remporté, mais j'ai perdu les articles de presse de l'époque), à préciser que je n'avais pas encore de pseudonyme artistique à cette époque-là, "Alain MARC" étant venu plus tard pour rendre hommage à mon père dans des circonstances romanesques que je vous raconterai un jour...

 

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29 novembre 2005 2 29 /11 /novembre /2005 23:25

Je n’avais pas cinq ans, mon père m’apprenait à observer, à écouter, à traduire ce que je voyais, ce que je ressentais, en essayant de comprendre ce qu’il définissait comme une vérité : celle qui se cache sous l’apparence des choses, et que la correspondance du dessin à son caractère le plus marqué, allait révéler à ceux qui le verraient .

Revenons à cette rentrée : en ce temps-là les niveaux étaient mêlés, et on « occupait » les plus petits pendant que les grands apprenaient .

Je fus donc assigné à partager une table avec mes nouveaux petits camarades de rentrée .

"Le départ dans la vie" Alain MARC, aquarelle 9 x 12 cm, années 60 / 70

Ce départ, comme je l'imaginais idyllique ! J’ignorais qu’un arc-en-ciel n’est pas toujours synonyme de beau temps …

La maîtresse distribua crayons de couleurs et cahiers et dit : attendez, je m’occupe des grands et nous allons colorier des canards, des poules et des lapins …

Voulant « bien faire », je me lançais aussitôt dans une grande fresque de poules, de lapins et de canards, remplissant la page du début du cahier avec tout ce que je connaissais des races animales que nous avions à la maison, jouant sur les différences anatomiques, choisissant des poses et des formats variés .

Quand la maîtresse revint auprès de nous, elle portait dans ses mains des tampons de caoutchouc et un magnifique support encreur . Il y avait le tampon de la poule, du lapin et du canard . Elle « tamponna » les cahiers des élèves avant moi, et lorsqu’elle arriva à ma hauteur entra dans une colère effroyable, me traitant d’indiscipliné, de séditieux, d’inepte à l’éducation .

Elle s’empara du cahier dont elle arracha la page qu’elle déchira aussitôt …

Je revins à la maison en larmes, n’osant montrer à mon père cette basse-cour calibrée aux contours d’encre bleue, que je trouvais hideuse et sans vie, sans caractère, sans âme, et dont franchement j’avais honte . Je ne comprenais pas comment un adulte en qui on devait avoir totalement confiance pouvait imposer des images aussi fades, laides, et stéréotypées .

Je venais d’apprendre ma première leçon d’approche globale : traduire le monde tel qu’on le voit n’est pas suffisant pour en traduire la réalité, l’authenticité, et en permettre la compréhension !

 "Les caprices du vent" Alain MARC, aquarelle 9 x 12 cm, années 60 / 70

Il a fallu ensuite composer avec le vent …

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27 novembre 2005 7 27 /11 /novembre /2005 22:14

Du carnet de voyage à la dimension picturale, une histoire qui commence dans l'enfance ...

C’est en fait tout un concept, toute une démarche, que je vais exposer à présent : on peut la résumer en un seul mot : globale .

Elle n’est en rien révolutionnaire, fort ancienne même, il suffit juste de l’adapter au monde qui est le notre pour qu’elle devienne très « contemporaine » .

Lorsque j’ai choisi qu’elle soit la mienne, plutôt par atavisme (mon père peintre et sculpteur produisait des carnets depuis sa plus tendre enfance et mon grand-père maternel tenait le sien dans les tranchées de Verdun lors de la grande guerre qui lui coûta la vie), plutôt par fatalisme (ne sachant faire grand-chose d’autre), je pratiquais déjà cette approche « globale » sans le savoir, un peu comme Monsieur Jourdain sa prose …

Du plus loin que je me souvienne elle était « dictée » par les conseils de mon père, et je me revois dans mes plus chers souvenirs d’enfance assis sur ses genoux, appuyé à la table de la ferme familiale devant la fenêtre grande ouverte au dessus d’un cahier de dessin, un crayon à papier dans la main .

"Ma mère" JEAN MARC, 1937 Huile sur bois 39,5 x 31 cm .  Mon père n'avait 13 ans quand il réalisa ce portrait de ma grand-mère ...

Le monde, le vaste monde était là tout proche, avec ses extraordinaires découvertes, ses mystères et son immensité que j’imaginais incommensurables parce que l’infini commençait au fond du jardin, juste derrière la fenêtre .

Papa me répétait : mais regardes donc, tu n’as rien regardé !

- il est comment le coq perché sur la brouette ?

- et le canard qui est passé : tu as vu, comment tu lui as fait le bec ?

La douce brise de cette fin de journée laissait entrer dans la pièce ouverte sur ce merveilleux ailleurs l’odeur des roses de la pergola, et l’on entendait l’angélus monter de l’église du village depuis l’horizon, tout là-bas à quelques kilomètres de là .

"Alain, 1952" JEAN MARC, 1952 Huile sur toile 38 x 61 cm . J'avais 5 ans à peine, et de grandes boucles blondes ...

Nous étions à la fin de l’été, au moment où un évènement considérable allait bouleverser ma vie de petit enfant : la rentrée scolaire toute proche, ma première rentrée, dont j’ignorais combien elle allait également devenir en ce mois de septembre (sans que j’en sois conscient), mon premier combat pour l’authenticité de l’expression ….

"Le colporteur d'étoiles"

Alain MARC, aquarelle 9 x 12 cm, années 50 ou 60 .

Je ne me souviens plus de la période à laquelle j'avais peint cette aquarelle .

Ce que je sais c'est que je voulais être "colporteur d'étoiles" ...

 

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